Hivernage des palombes dans l'Entre-deux-Mers

Publié le par Jacques GAYE

DSC01727  Dortoir de palombes à Sauveterre     

Maison forte de Madaillan à Sauveterre-de-Guyenne         Dortoir de palombes dans les peupliers de Madaillan

- les peupliers du dortoir à droite de la photo -                    (cliché : Jean-Pierre Bugeade)

(cliché : Jacques Gaye)                                                            

 

Ci-dessous : Article de Patrick Izaute dans le journal Sud Ouest (Sud-Gironde) du mercredi 26 décembre 2012 :

 

Sauveterre-de-Guyenne 

Des milliers de palombes en hivernage 

N'ayant pas pu aller en Espagne, plus de 10 000 palombes attendent de remonter vers le Nord.


C'est à un féérique et incessant ballet auquel on peut assister chaque jour. Vers le milieu de l'après-midi ce sont des centaines de palombes qui se posent dans la réserve de chasse et de faune sauvage pour y passer la nuit. Selon Jean-Pierre Bugeade, chargé du comptage des oiseaux hivernants pour le GIFS (Groupement d'Investigation de la Faune Sauvage), ce sont 2 500 à 3 000 palombes qui fréquentent le dortoir du lieu-dit "Madaillan". Une haute peupleraie où les colombidés ont élu domicile depuis la fin de la migration automnale. Comme d'ailleurs sur un bois appartenant à la Sepanso, sur la commune de Monségur. On touve un autre dortoir très fréquenté à Castillon-de-Castets également, de l'autre côté de la Garonne. 

Dans tous les cas, les arbres qui les accueillent sont de grande taille et situés dans une réserve de chasse. Car, comme chacun le sait, la palombe a grand besoin de tranquillité pour trouver le sommeil. "Ce n'est pas d'aujourd'hui que les palombes ont choisi le secteur pour hiverner. Ça fait dix ans que je m'occupe du comptage pour le GIFS et dix ans que j'en observe, mais jamais comme cette année", avoue Jean-Pierre Bugeade. 

En effet, entre la mi et la fin novembre, il a dénombré au moins 10 000 oiseaux voire plus à fréquenter la peupleraie sauveterrienne. Cette présence massive s'expliquerait par plusieurs raisons. "Ce sont des palombes issues de passages tardifs qui n'ont pas pu traverser en Espagne car les Pyrénées étaient bouchées. Alors elles se sont rabattues sur les cultures du Sud-Ouest. Seulement, dans les Landes, les maïsiculteurs pratiquent le mulching, c'est-à-dire le broyage des pieds et leur recouvrement une fois la récolte finie pour éviter la propagation de la pyrale. Alors ces palombes sont remontées plus au nord pour trouver à manger", précise le spécialiste.

Bien vu car, dans le secteur, le maïs a été ramassé particulièrement tard en raison de la pluie qui contrariait la récolte. "Et ici on ne broie pas, alors les palombes ont trouvé de quoi se restaurer. Aujourd'hui, elles se nourrissent de glands. Je pense que dans quelques temps une partie d'entre elles va partir chercher pitance plus au nord, comme la forêt de la Double, en Dordogne, quand les glands vont venir à manquer ici."

 

 

Ci-dessous : Article de Patrick Izaute dans le journal Sud Ouest (Sud-Gironde) du lundi 14 janvier 2013 :

 

Sauveterre-de-Guyenne

La faune sauvage reçoit trop de visites

Depuis la fin de la migration automnale, la réserve de chasse et de faune sauvage abrite des milliers de palombes en hivernage. Chaque fin d'après-midi, c'est un incessant ballet d'oiseaux bleus qui tourne au-dessus de la peupleraie (de Madaillan) où ils passent la nuit. Il va s'en dire que pareil spectacle vaut le coup d'oeil. A tel point que des personnes de plus en plus nombreuses sont présentes chaque soir aux abords du site. Ces incessantes allées venues finissent par effaroucher les palombes, qui ne cessent de s'envoler et de se reposer, pour le plus grand bonheur des yeux mais pas de celui des dirigeants de l'association de chasse. "A force de les embêter, elles vont bien partir pour trouver un endroit plus calme. Le problème n'existerait pas si les gens étaient raisonnables, mais là, c'est loin d'être le cas. On peut très bien observer les vols depuis les routes de Candalle et de Saint-Léger, mais maintenant certains font le tour du dortoir en 4*4 et, mieux, d'autres vont se mettre carrément sous les peupliers pour mieux les voir.", explique Gilles Bussac, le président de l'association communale de chasse agréée (ACCA).

Seulement, il n'y a pas que les palombes qui sont dérangées par ces va-et-vient quotidiens. C'est l'ensemble de la faune sauvage qui peuple cette réserve de chasse. Le président Bussac craint même que cette présence humaine finisse par "décantonner" certains animaux. "Nous avons mis en place depuis plus d'un quart de siècle une politique de réimplantation du petit gibier sédentaire. De nombreux faisans se trouvent dans la réserve qui s'étend sur une centaine d'hectares entre la Hourtique et Madaillan. Il y a aussi pas mal de lièvres, de chevreuils et de sangliers. A force de pénétrer dans cette réserve, les animaux résidents vont finir par aller ailleurs. Et c'est un travail de longue haleine qui risque d'être mis en péril. Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes dans un espace créé pour que les espèces y soient tranquilles et non dans un zoo. D'autre part, il faut savoir que cet endroit est une propriété privée dont les accès sont interdits par panneautage", précise le patron des chasseurs sauveterriens.


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