Et si l'on parlait de la migration des palombes ?

Publié le par Jacques GAYE

Titre de l'article de Pierre Lascourrèges dans le journal SUD OUEST Sud-Gironde du mercredi 29 août 2012.

 

Entre tradition et convivialité, la Fête de la palombe de LOUCHATS laisse un temps à la réflexion.

Valérie Cohou (photo ci-dessous) étudie les migrations et rendra compte de ses travaux samedi 1er septembre 2012, à la palombière pédagogique de Louchats.

 

806347 21160719 460x306

 

Son père était chasseur. Et déjà, petite, elle allait voir la migration des palombes à Sare. Valérie Cohou est aujourd'hui chargée de mission au Groupe d'investigation sur la faune sauvage (GIFS) et travaille aussi pour la Fédération régionale d'Aquitaine pour les flux migratoires.

Samedi après-midi 1er septembre, à la palombière pédagogique de Louchats, elle viendra animer un atelier dont le thème de réflexion est articulé autour de la migration des palombes.

 

Entretien de Pierre Lascourrèges avec Valérie Cohou :

 

"Sud Ouest". Chaque année revient la fameuse fièvre bleue. Mais, connait-on si bien le sujet et n'y a-t-il pas des idées préconçues sur les palombes ?

 

Valérie Cohou. Tout d'abord, il faut relever un problème de nomination entre court migrateur et long migrateur.

Les derniers résultats d'études nous ont démontré qu'une vieille théorie venait d'être balayée puisque non justifiée. En équipant des palombes de balises Argos solaires, on a ainsi pu suivre des oiseaux jusqu'en Suisse et au Portugal quand d'autres étaient restés sur Toulouse. Ensuite, on s'est rendu compte qu'un oiseau ne revenait pas systématiquement d'une année sur l'autre dans la même zone d'hivernage. Les principales destinations restant le Sud Ouest et la péninsule ibérique.

Par contre, ces oiseaux restent davantage fidèles à leur zone de nidification. Un oiseau, descendu au Portugal et niché en Suisse, avait fini naturellement par y retourner. Enfin, il est dit que ces oiseaux ne migreraient pas non plus chaque année. Il y aurait ainsi de plus en plus de sédentaires. Le climat ou la nourriture n'en feraient-ils pas un oiseau opportuniste ?

 

"Sud Ouest". Comment se traduit l'évolution démographique de l'espèce ?

 

Valérie Cohou. Le GIFS travaille avec la Fédération des chasseurs sur plusieurs thématiques comme le suivi des oiseaux pendant l'hivernage.

Depuis 1999, on constate bien une fluctuation d'une année sur l'autre, mais les données restent statistiquement stables. C'est le signe que ces oiseaux s'adaptent. Depuis 1988, les phénomènes de migrations en plaines et en cols donnent des indices stables. A terme, il n'y a donc pas d'inquiétude à avoir.

 

"Sud Ouest". Assiste-t-on à une modification des couloirs de migration ?

 

Valérie Cohou. Sur la migration en plaine, on n'observe pas d'écart significatif. Sur la migration dans les cols, en revanche, on se souvient il y a quelques années d'une baisse du nombre d'oiseaux sur le poste de comptage d'Iraty qui avait dû être supprimé.

Depuis, le GIFS a installé quatre postes, à Urrugne, Sare, Banca et Arnéguy, sur lesquels on n'a pas enregistré d'écarts significatifs. A ceci près, que certaines années, les vols longent la côte, sans doute poussés par un vent de sud. Mais à part ça, il n'y a pas de changement notoire.

 

"Sud Ouest". Comment voyez-vous l'avenir de la palombe ?

 

Valérie Cohou. Il n'y a pas de quoi s'inquiéter dans les cinq ou dix années à venir. La palombe est un oiseau opportuniste, qui s'adapte aux conditions qui lui sont offertes.

La suite pourrait dépendre de l'influence d'un réchauffement climatique et de la modification de son habitat, comme depuis la destruction de certaines forêts au Portugal.

Sur nos territoires, ces oiseaux bénéficient en général d'une offre de nourriture satisfaisante dans les zones cultivées. En forêt, tout dépend d'une bonne glandée.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article